Où en sommes-nous 4 ans plus tard en Haïti?‏

Nous sommes des centaines de milliers à avoir été affectés par cet horrible tremblement de terre en janvier 2010, à avoir perdu des proches, de même que nos maisons. Avec raison, des Haïtiennes et Haïtiens d’ici et de la diaspora demandent fréquemment où en est rendue la reconstruction de leur pays. Les médias aussi. Un bon gouvernement se doit d’être transparent et de rendre compte du chemin parcouru. Cela fait plus de 3 ans, presque 4 ans que le séisme a dévasté le pays. Où en sommes-nous?

D’abord rappelons-nous les faits : Haïti a vécu la pire catastrophe naturelle de son histoire, et peut-être même du monde, si on tient compte de la faiblesse des infrastructures qui étaient en place. Nous étions face à une situation très difficile. Mais nous, Haïtiens, n’avons pas baissé les bras.

Après avoir enterré nos frères et nos sœurs, nous n’avons pas perdu espoir et nous avons commencé à enlever les débris. Une quantité énorme! L’équivalent de 4000 piscines olympiques! À ce jour, 97% des débris ont été enlevés.

Ensuite nous avons dû nous attaquer à la question du financement. Mon gouvernement, de même que le gouvernement précédent, avons travaillé d’arrache-pied pour ramasser les fonds nécessaires à la reconstruction. Nous estimions les dégâts à plus de 13 milliards de dollars. Les fonds sont parvenus d’à travers le monde, que ce soit au nom d’États ou à travers des organisations humanitaires. La générosité du monde entier s’est manifestée dans l’immédiat, car les besoins étaient grands et pressants : nourrir les gens dans les camps, fournir des soins médicaux de base aux blessés, approvisionner la population en eau potable. Voilà pour le court terme. Cela est chose du passé. Nous sommes maintenant dans la reconstruction en tant que tel.

48% des sommes promises par la communauté internationale n’ont pas encore été transférées. Le travail continue pour faire accélérer ce processus d’aide financière, sans laquelle la reconstruction stagne. Nous devons faire beaucoup avec peu, mais nous y parvenons, jour après jour. Une fois tous les fonds recueillis, le plan stratégique de développement à moyen et long terme pourra se mettre pleinement en branle.

Avec un souci de pérennité, nous combattons sans relâche la pauvreté extrême à travers les différents programmes sociaux d’EDE PÈP, qui aident plus de 2 millions de bénéficiaires. Nous tentons de différencier les niveaux de besoin des familles pour s’assurer que celles qui vivent le plus dans la misère soient celles à qui on vient en aide en premier.

Nous investissons aussi en agriculture afin de ramener les familles sur les terres, pour qu’elles puissent subvenir à leurs besoins et aussi pour que le pays devienne autosuffisant en matière d’alimentation. Nous nous assurons, dans le même ordre d’idées, que les aliments de base, tels que le riz, soient abordables en mettant en place des politiques de prix très strictes.

La reconstruction et le combat contre la pauvreté passent aussi, bien sûr, par la création d’emplois. C’est l’une des priorités de mon gouvernement. C’est dans cette optique que nous avons bâti le parc industriel de Caracol, qui a permis la création de 2000 emplois. Même chose pour le parc industriel qui prend forme au nord de Port-au-Prince.

Le pays a vu cette année les investissements bondir de 19 %. Il y a présentement 44 projets en cours en Haïti, qui amèneront plus de 225 millions de dollars au pays!

Sur le terrain, les choses avancent. L’aéroport de Port-au-Prince, qui avait été détruit, a été complètement reconstruit. Quatre aéroports supplémentaires sont en train d’être bâtis au Cap Haïtien, aux Cayes, à Jacmel et à l’Ïle-à-Vache. De plus, à travers tout le pays, plus de 300 kilomètres de routes ont été construites afin d’assurer que l’économie locale puisse se relever. Le Parlement est en reconstruction, de même qu’une dizaine de ministères qui avaient été réduits en miettes. Ceux et celles qui viennent nous visiter le constate : Haïti est un véritable chantier de construction!

Près de quatre ans après le séisme, il reste encore beaucoup à faire, oui, mais nous faisons beaucoup avec très peu, et le travail continue. Nous sommes un peuple résilient. À l’image de celui-ci, l’administration Martelly / Lamothe travaille nuit et jour pour faire d’Haïti le pays qu’il mérite d’être.