Haïti : un leader dans les Caraïbes

La semaine dernière, à Port-au-Prince, nous avons eu l’honneur de recevoir les membres de l’Association des États caribéens (ACS) lors du 5e sommet de cette importante organisation.  Je suis très fier de cet accomplissement, car un évènement d’une telle envergure nécessite une logistique efficace et des dispositions de sécurité sans faille.

C’est plus d’une douzaine de chefs d’État qui ont pu assister au sommet sans qu’aucun incident n’ait lieu. Voilà pour moi une grande source de fierté. Maintes nations possédant beaucoup plus de ressources et faisant face à moins d’adversité que nous ont souvent reconnu la grande difficulté de coordonner ce genre d’évènement. Certains souhaitaient même nous voir échouer dans cette entreprise en précisant que nous n’aurions pas dû être les hôtes du Sommet, parce qu’ils croyaient que nous ne pouvions pas garantir la sécurité de nos visiteurs ou même être en mesure de les loger adéquatement.

Le succès du 5e Sommet de l’ACS est donc  un autre pas dans la bonne direction pour notre pays. Le monde prend enfin conscience qu’Haïti est une destination sécuritaire et que notre infrastructure touristique est prête à accueillir les voyageurs. En effet, les dignitaires ainsi que tous les journalistes couvrant l’évènement ont pu être logés dans des hôtels dignes de n’importe quel grand hôtel international.

J’étais ravi d’entendre les participants parler de cet évènement en termes élogieux. Les progrès d’Haïti ne passent pas inaperçus, je peux vous l’assurer! Les présidents Enrique Pena Nieto du Mexique et Juan Manuel Santos de la Colombie n’ont pas manqué de nous féliciter pour ce tour de force.

Cette rencontre n’était pas seulement l’occasion de montrer à quel point nous avons progressé depuis que nous sommes en poste. Elle a aussi permis aux pays présents de s’entendre sur des dispositions à prendre collectivement dans plusieurs dossiers, notamment la préservation et la conservation de la Mer des Caraïbes, le tourisme et l’économie, les catastrophes naturelles et enfin le transport entre les États membres.

Surtout, ce fut l’occasion pour l’administration Martelly / Lamothe  de se démarquer et d’assumer un rôle de leader dans les affaires carribéennes. Notamment, nous avons pu consolider nos relations avec Cuba et le Venezuela, qui nous ont beaucoup aidé depuis le tremblement de terre de 2010. J’aimerais aussi souligner l’heureuse présence, en tant que membre observateur, du président chilien Sebastian Pinera, qui a toujours été très généreux avec le peuple haïtien.  Plus tôt dans la semaine, nous avions aussi reçu le président Correa de l’Équateur, qui n’a pas pu participer au Sommet, mais qui a visité les sites où sont postées les troupes équatoriennes au sein de la MINUSTAH. J’ai pris conscience cette semaine qu’Haïti a des amis très influents qui sont enthousiasmés par nos progrès et qui sont très optimistes pour la suite des choses.

Tout cela augure bien pour les Haïtiens et Haïtiennes, car trop longtemps nous sommes restés à l’écart des discussions politiques régionales d’importance. Haïti est passé à autre chose et prend maintenant la place qui lui revient!