Haïti reprend tranquillement le dessus

« Quand Haïti reprendra-t-elle enfin le dessus? » me demandent constamment Haïtiens et Haïtiennes d’ici et d’ailleurs. Très bonne question! La seule bonne question, à mon avis, et du même coup, ma principale préoccupation en tant que Premier Ministre…

Le nœud de cette question essentielle pour la Perle des Antilles, c’est le financement. Sans argent, il très impossible de bâtir quoi que ce soit de durable. Le gouvernement doit pouvoir élaborer des stratégies concrètes de développement économique et mettre en oeuvre des politiques sociales pour améliorer la qualité de vie des citoyens. Or, le gouvernement haïtien dispose d’un budget très limité.

Soyons honnêtes : la principale source de revenus de l’administration provient du Venezuela. Nous avons d’excellentes relations avec de nombreux pays, mais nos accords bilatéraux avec ceux-ci résultent la plupart du temps en des investissements qui passent à travers des organisations de développement international. Bref, la majeure partie du budget de l’État haïtien et les investissements que nous faisons présentement sont la résultante de l’Accord PetroCaribe vénézuélien. Il s’agit d’argent dont le gouvernement dispose directement, qu’il peut gérer lui-même pour l’investir dans les secteurs qui en ont le plus besoin.

Nous concentrons donc une grande part des efforts à accroitre nos sources de revenus directs. Outre l’Accord PetroCaribe, cela passe par les investissements privés, qui génèrent des revenus pour l’État à travers l’impôt.

C’est un processus ardu, mais qui progresse. Il va sans dire que Haïti est en bien meilleure posture qu’il y a deux ans; le pays vit même une croissance économique marquée. C’est aussi un processus qui va en s’accélérant: plus l’État fait de revenus, plus il peut investir à grande échelle, permettant ainsi à l’économie de croitre, ce qui génère encore des revenus, qui peuvent ensuite être distribués au peuple à travers certains programmes sociaux.

C’est un travail de longue haleine, car le pays revient de loin, mais le monde entier constate les progrès que nous faisons.